samedi 21 mai 2016

Le Calex


Des affiches de Jimmy Hendrix et de Bob Dylan, le rebelle. Matheson. Milieu des années soixante.

La vita e bella. Des ours noirs qui rôdent le soir entre les tentes de prospecteurs. Le jour, nous allons au ruisseau qui traverse le parcours juste avant l'entrée de la mine est en train d'électrifier. Un été complet à jouer dans la nature. On joue «Bel enfant noir» à la radio. De retour à Rouyn, c'est l'été, il fait beau, chaud et c'est la fenêtre ouverte qui donne sur la rue Murcdoch qui répand la musique  de Cream à tout va! Dans le duplex du 468, dans la chambre du haut ou dans l'arrière-cour séparée d'une clôture mitoyenne, on se prélassait des heures longues, à regarder les voisines offertes en pâture aux chauds rayons de l'astre diurne, seulement protégées de trois courttes pièces de tissus chacunes, les pauvres!

Souvenir de mon père qui me surprend à reluquer les déesses polonaises, me prend subitement par l'oreille et me force ainsi à me lever bien malgré moi de ma chaise longue. Moi, aussi vert que la pelouse, je me laisse faire car je ne veux pas défier l'autorité avant le bon moment: Je ne suis par encore prêt à quitter le foyer, voyez-vous...

La honte m'habite alors que je quitte piteusement les prémisses pour la fraîcheur de la cuisine. Celle-ci, heureusement, est vide. À part le père et moi, il n'y a personne. Mêm le chat n'est pas là. Soupir de satisfaction.

Ce qui se passe entre mon père et moi reste entre  lui et moi.

Mon père s'assoit à la table de la salle à dîner, je demeure appuyé contre le chambranle de la porte d'entrée, un peu crispé je crois. J'ai tendance, de temps à autre, dans la discussion, à frapper du poing le cadre de la porte. Je n'ai pas encore eu le temps de réagir ainsi qu'il me lance:
«Fais-toi-s'en pas, je te dérange pas pour rien, crains pas! Les petites Chomicki vont s'en remettre, t'en fais pas. Non, si je t'ai fait honte, c'est pour te montrer qu'il faut pas juste rêvasser dans la vie. Il faut aussi surtout penser à gagner sa vie. Tu comprends, je ne tiens pas à te voir flâner, le flanc mou, des jours entiers. Ne rien foutre n'est pas une vie! Tu as seize ans et je ne peux pas me permettre de te voir dehors, à mouiller des yeux pour ces dames. Il faut que tu fasses quelque chose de ta peau et je t'ai trouvé un job.

- Un job?
- Un job, un bon job. Tu te souviens de la station d'essence Calex, à la sortrie de la ville?
- Au bour de Noranda?
- Oui, tout près de la fourche d'Évain et de Noranda-Nord.
- Oui?
- Et bien, tu commences lundi matin!
- Au Calex?
- Oui, au Calex!
- Et qu'est-ce que je vais y faire, à cet ancien poste d'essence?  Le gardien de nuit?
- Non. T'es là pour déclouer la planche, mon gars! Tu vas enfin apprendre à manier le martreau et la...
- De la quoi? De la planche? Ben voyons donc! Et puis quoi encore?
- C'est du marteau et de la barre à clous dont je te parle! Mais oui, c'est vrai: Il va falloir que tu redresses tous les clous que tu arracheras. Mais ç c'est rien si tu penses au salaire qu'on va te donner...
- Ah oui? Et c'est quoi ce fameux taux horaire auquel je vais avoir droit?
- Cinq piastres de l'heure.
J'ai pensé en moi-même et ce, jusqu'au plus profond de mon moi, que je n'avais plus rien à dire...

Trois mois plus tard, je n'avais toujours rien à redire. Le projet du Calex était terminé. Oubliées les Chomicki! Les forces armées canadiennes m'attendaient!

mercredi 20 janvier 2016

Faire une carrière militaire ne m'intéressait pas, je voulais voir du pays autrement.

suite de Les forces armées canadiennes. Au menu 


Sauf que...

         J'ai vécu les plus belles années de ma vie pendant ce court séjour dans les Forces armées canadiennes. Au milieu des années '70, c'était l'époque des discothèques, j'avais 17 ans et je buvais littéralement la vie, oui je la dévorais des yeux, plein d'envies. Je suis devenu un «King Pouf» au bout de deux mois. À l'arrivée des nouvelles cohortes, ce qui se produisait toutes les semaines - ils arrivent le dimanche -, nous savions que les nouveaux seraient curieux de nous voir aller au pas de course, en uniforme de combat et que secrètement ils nous enviaient d'en être à ce stade de l'instruction militaire. Nous, nous savions ce qui les attendait et nous étions compatissants, pleins de bons sentiments à leur égard. Nous commencions réellement à connaître nos limites morales et physiques, nous nous savions malgré tout plus performants qu'auparavant, aux premiers jours de l'entraînement militaire.

 Après l'entraînement de recrue, soit on vous envoie faire l'apprentissage du métier qui vous a été assigné suite aux résultats obtenus à grands renfort de tests d'aptitudes ou alors, on vous envoie ailleurs dans l'attente du dit cours de métier.  


       Ils m'ont envoyé à Ottawa, la capitale du Canada, un début de mois de mai, pour travailler au QG des forces armées canadiennes, sur le boulevard Rideau.

Je suis bilingue, les tests ont démontrés que j'ai les compétences requises pour les tâches qui me seront dévolues, dans ce cas précis des tâches cléricales qui consisteront à faire le classement des dossiers de promotions, d'après le rang et la profession. 


Du huit heures à seize heures tous les jours, cinq jours par semaine. De midi à treize heures, l'heure du repas, je profite du répit pour découvrir les alentours, le canal Rideau, les badauds et tout le tra la la, quoi! Je loge dans un édifice militaire, réservé au personnel œuvrant au QG, non loin du Musée canadien de la Nature. 

   Trois repas par jour. Le matin, on vous demande ce que vous voulez en terme d'œufs : Des œufs tournés ou miroirs (en anglais : "over easy" ou "sunny side up"). Ensuite vient le jambon cuit, les saucisses ou le bacon. On peut demander à avoir les trois viandes dans son assiette. Puis on dirige le plateau vers les grille-pains géants, on récupère une couple de rôties au passage pour terminer avec les jus, un grand verre de lait ou encore un café bien chaud. J'aimais bien les mercredis, en raison de ce qu'il y avait au menu lors du souper (c'est à dire au dîner si je pense à l'Europe). En effet, ces soirs-là, le "steak" était à l'honneur, les frites également!

"Comment tu le veux ton steak, bleu,saignant, bien cuit?" Saignant, je disais. Toutes les fois.
 
    Je suis reconnu chez moi pour mon amour du bœuf. Le vendredi, en période estivale, on délaissait l'uniforme pour se mettre en veston cravate. Toujours, je me souviendrai de ces midis aux abords du canal Rideau, son allée piétonnière et ses bancs de bois étalés ici et là, sur son parcours. Le sourire des gens, le temps paisible et chaud. Combien de fois aussi, me suis-je promené dans les rues de la capitale, au gré de soirs bleutés. Je ne saurais le dire mais je me souviens encore des rue Spark, Bank et Metcalfe. Un spectacle de Martine Saint-Clair, à la Place de la Confédération. Un restaurant mexicain où on vous servait un pichet d'eau pour débuter. Le YMCA, l'entraînement physique, la piscine...
J'ai travaillé tout un été au QG puis au mois de septembre 1975, je suis transféré à Borden, une base militaire sise à l’ouest de Barrie et juste avant Wasaga Beach, cette dernière localité étant dans les faits une plage connue de tous dans ce coin de l'Ontario.
Beaucoup de métiers sont enseignés à Borden, dont «Pompier de structures et d'aéronefs». Le cours se donne en anglais.

À Saint-Jean-sur Richelieu, à la base des recrues francophones des forces armées canadiennes, afin d'évaluer vos capacités linguistiques en anglais, on commence par vous poser des questions à l'oral. 
     Je suis assis en classe avec mon groupe, le groupe 7437 (74 pour l'année 1974 et 37 pour a 37e semaine de cette même année).
 
Je vois l'enseignante debout devant nous, elle questionne Marc, le gars du Labrador : 
"May I ask your name, sir?" dit-elle, mine de rien.

Et Marc de répondre dans un anglais impeccable :  Bolduc. Marc Bolduc, miz.
  «Miz? Il parle sur le très bien, le monsieur! Il laisse savoir à la gente dame qu'il la croit célibataire et non mariée. On peut dire «Ms» pour jeune femme, ou encore «Miz», pour afficher au grand jour votre éloquence, l'aisance avec laquelle vous parler la langue de Shakespeare.»

 L’enseignante reprend:
"So, You're fluent in English, right?
- Right.

- I guess you do not have to stay here any longer...
- I guess so, too. May I leave now?" rétorque Marc.

C'est alors que j'interviens dans la discussion :

"May I say a word, miss? Et, sans attendre une réponse : As a matter of fact, I do think I can also leave this class. Am I right in assuming this? 
 
Le reste de la classe est pendu à mes lèvres, même le gars du Labrador.
- You may leave... Both of you, leave. Now!" dit-elle, en s'adressant à Marc et à l'auteur de la présente.
En quittant la salle du cours d'anglais, on l'a entendu s'enquérir auprès du groupe : Est-ce qu'il y a d'autres génies de l'anglais dans cette classe?»

-Any other geniuses around? No? Good! Let's get on with it, then!
 
Vous n'avez aucune mais aucune connaissance de la langue anglaise? Le cours s'étend sur six longs mois, à raison de huit heures par jour, cinq jours par semaine. 
Ouf! Je l'ai échappé belle! Oui. Mais cela ne m'a pas vraiment aidé pendant mon cours de pompier.  
J'éprouvais de la difficulté dans mon apprentissage et cela malheureusement se reflétait aux tests. Ma connaissance de l'anglais se révélait moindre et ce n'était pas facile à avaler en tant que nouvelle. Mais j'ai persévéré jusqu'à l'obtention de l'attestation officielle. La réussite du cours me change complètement. Je prends beaucoup d'assurance, je cherche maintenant la compagnie des autres et je me lâche lousse dans les joies de la vie, boisson comprise!
Ah, la belle époque!
Je mange au Pink Elephant, la cafétéria-école de la base, là où vont tous ceux qui veulent devenir cuisiniers et je passe la plupart de mes soirées à lire dans ma chambre spartiate.
    Dès le jeudi soir, je suis au Junior Rank's Mess, à L'Algonquin.
Le bar est invitant, il y a des tables rondes, un grand plancher de danse, une table de billard Boston et les canadiens français ont un coin bien à eux dans cette grande salle qu'est le bar des caporaux et des soldats de Borden. 
 
Nous accaparons les banquettes adossées au mur. Devant elles se trouvent des tables rapprochées les unes des autres, et des chaises occupées par nos fesses quasiment toutes québécoises. Nous y buvons du Mattheus, un vin rosé du Portugal dont nous raffolons tous, étant donné la précarité des bons vins dans ce coin de pays (sur cette base et toutes les autres bases militaires, d'ailleurs). C'est à coups d'iglous, iglous, igloos que nous arrosons nos veillées, au rythme de la musique endiablée du DJ, lui aussi francophone. Saturday Night Fever fait fureur et c'est dans le Disco que nous français du QUÉBEC avons faits nos preuves. C'est bien simple, nous sommes tous des Travolta! Si on se compare avec les gens de l'autre langue, j'ose dire tout bas que les anglais n'ont pas le rythme dans le corps comme nous. Nous sommes latins plus que germaniques, nous l'avons et c'est pourquoi les anglaises se laissent invitées à tour de bras par les Frenchies du Qwebec!
C'est dans cette atmosphère que j'évolue.

Dans une foule de règlements aussi.

  À titre d'exemple, si par mégarde, tu te retrouves sur le trottoir qui mène à la baraque des femmes et qu'on t'y prend sur le fait, la Police Militaire, les MPs ont le droit de te mettre illico en cellule :
 

Tout individu se trouvant sur le trottoir de la baraque des femmes est inculpé de tentative de viol sur la femme.

Si on te surprend à l'intérieur même de la baraque des femmes, automatiquement, c'est une inculpation de viol.

Si une femme se retrouve dans une position similaire, du côté de la baraque des hommes, elle se voit automatiquement inculpée de tentative de suicide. Si on te surprend, toi une femme, à l'intérieur de la baraque des hommes, c'est un suicide et tu as besoin de soins psychiatriques. Bizarre, hein?  
 Ou encore, toujours à Saint-Jean-sur-Richelieu :
 Si nous te prenons à franchir la clôture qui sépare cette base de l'extérieur, soit de la vie civile, tu assumeras les conséquences de ton geste mais si nous ne te prenons pas sur le fait, il n'y aura pas de réprimande à ton retour sur la base. 
De l'autre côté de la clôture, tous le savent il y a un bar avec danseuses : La Clef d'Or, réputés pour ses belles. D'accord. Ces événements se sont produits au milieu des années soixante-dix. Il se peut qu'avec le temps, je me suis mis  à fabuler lorsque j'évoque ma vie militaire; il se peut aussi que j'évoque des «non-dits», des faits ou encore des paroles conviées au silence dans cet univers si particulier. Bah, cela fait plus de vingt-cinq ans et je n'ai plus de promesses à tenir envers les forces depuis belle lurette.
    Je sais toutefois que la vie militaire en général, c'était bien. L'armée voyait à notre subsistance, nous étions hébergés, habillés, rassasiés et payés pour travailler dans nos métiers respectifs. 
Outre les huit heures de travail demandées par l'employeur, le reste de la journée t'appartenait. Tu pouvais retirer l'uniforme de travail vert, le ranger et simplement mettre un jeans et un T-shirt.

Tu pouvais quitter la base et vivre hors de son enceinte, avec le monde civil ou tu pouvais vivre ta vie exclusivement sur la base, avec son Club, ses accommodations sportives, avec tes pairs dans des activités telles le Baseball ou le Hockey. Tu pouvais vivre les deux à la fois. Moi, j'ai préféré vivre hors de la base de Downsview, de l'autre côté des rues Keele et Sheppard, dans le quartier Italien de Toronto.
               Plus tard, à Downsview, dans le nord de Toronto..... La rue Isabella, Yonge et Dundas, le Quartier Chinois...

Relater le traumatisme vécu à la prison de Downsview, l'incarcération, l'accusation saugrenue émise par la S.I.U., le contexte politique, René Lévesque, P.E.T, la purge au sein des forces armées canadiennes. Ces événements d'il y a 40 ans ont profondément marqué ma vie. J'avais 21 ans en 1978, à ma sortie de l'armée, ex-soldat nanti d'un diplôme honorable. En effet, à la cinquième année de carrière militaire, un choix doit être fait : Rester dans l'armée ou en sortir. Si tu restes, tu passes le reste de ta vie dans les forces, sinon c'est un retour à la vie civile. J'ai préféré la vie civile, ils avaient ouvert la porte et le choix, on l'avait fait pour moi. Oui, j'ai été victime d'une purge mais ça c'est une autre histoire...

lundi 22 juin 2015

Sans mot.

Quand le Général Sexe-Prime, Sexe-Plique et Sexe-Cuse 
       «La peur de parler. De vivre avec le silence. Le dégoût. Le profond dégoût. La culpabilité. Le monde qui s’assombrit.»
 
Chers spécialistes qui réussissent à se convaincre qu’un militaire pour qui, apparemment, le monde s’écroule et que «tout va bien», «c’est pas si pire», «il a déjà vu pire» et que, bien sûr, «rien ne dérange et qu’il «s’en côlisse», «rien ne fait mal et tout est sous contrôle», «pis si j’ai-mal-inquiète-toi-pas-je-m’organise-tout-seul-et-tout-va-très-bien», va effectivement «si bien».

Chers pelleteux-de-nuages- qui croient que le SSPT civil et militaire, c’est la même affaire pis y a rien là.

PTSD, ESPT, SSPT, c’est la même chose ? Oui c’est la même chose. Le terme PTSD (post traumatic stress disorder) vient de l’anglais et les spécialistes utilisent aussi bien l’acronyme anglais que sa traduction en français (SSPT : Syndrôme du Stress Post Traumatique).

Chers déconnectés de cette planète qui pensent que le SSPT, c’est comme une p’tite trace de restant de picotte de nos 5 ans. Réveillez-Vous!  Quand je dis «Réveillez-vous», je vous dit avec la même certitude qu’on peut publiquement défendre qu’il n’est pas faux de dire que les hommes pensent autant avec leur 2e petite tête (évidemment, après 13 semaines d’entraînement, tout le monde est équipé d’un missile Canadien)… que celle de 30 livres qui permet de déterminer et de respecter les règles d’engagement sociaux, moraux, humains pis toute, pis toute.

Si j’étais une femme militaire, je dirais: «What???»

J’ose même croire que si j’avais le privilège d’être moi-même porteuse d’un super-missile-canadien tout en étant respectueux (des femmes, de la nature humaine, des droits, de la dignité, de n’IMPORTE QUOI), je dirais «What???».
 
Mais comme j’ai cru comprendre que les Ordonnances et règlements royaux applicables aux Forces canadiennes ne vous permettent pas de critiquer un supérieur, vous ne pouvez qu’appuyer massivement par des «Bravo Général».
 
Et si j’étais coupable de transmettre et de refléter une mentalité de Darwinisme de la sorte, je dirais: «Dans le fond, y dit la vérité le Général pis y se tient deboutte. C’est ça qui arrive quand on dit la vérité: on se fait ‘shafter’».
 
Je trouve que vous êtes demeurés bien silencieux… et silencieuses sur la question.
 
 
C’est si triste quand je pense que ça se peut qu’il ait demandé conseil afin d’articuler une réponse qui allait renverser le Canada par son empathie. Moi, j’ai entendu un Général qui a fait ce que les les Ordonnances et règlements royaux applicables aux Forces canadiennes lui ont montré: ne pas accepter de responsabilité face à un civil.
Faut bien lui trouver des excuses. En fin de carrière, je suis certaine qu’il se serait bien passé de cette petite vague que même notre Premier Ministre n’a pas appréciée. Disons que le malheur des uns, fait le bonheur des autres puisque ce dernier a pu bien paraître: «Je ne suis pas d’accord mais pas assez pour trouver ça suffisamment important pour montrer à tous les Canadiens qu’on ne rit pas avec ses affaires-là». Le général s’est excusé et il a fait de lui un grand homme faisant preuve d’une si grande humilité face à ce qui n’est, ne l’oublions pas, une simple petite erreur de sa propre programmation biologique qui n’existe, évidemment, pas. Amen et Ainsi soit-il. On passe au vote… What Now?»
 
Dans son cas, son excuse n’est pas Mère Nature mais la Saison Électorale. Pis le porte-à-porte qui vient avec: «Réveillez-vous».
 
Quelqu’un s’attend à ce qu’un Général – le top, du top, du top- admette en toute humilité devant n’importe qui que les FAC pourraient être surpassés par un ou des problèmes? Ben non. Voyons donc.
 
Tsé, c’est à cause de Mère Nature.
 
Tu ne peux pas te battre «tant que ça» contre ce que Mère Nature a déterminé qui était juste pour la survie de l’espèce animale que nous sommes: Hello Darwin. Et si vous voulez vraiment pousser le sarcasme, c’est comme dire que c’est ce que Dieu a voulu.
 
Hein?
 
Honnêtement, je n’ai pas lu le fameux rapport. À titre de victime d’abus sexuels – 7 longues années qui ont constitué ma guerre-à-mouâ- sa réponse, même après s’être excusé long comme le bras devant les politiciens, j’ai besoin d’un petit temps avant de lire l’ampleur de ce qui y sera écrit quand le grand boss vient de me rappeler que le bonhomme qui m’a passé dessus entre mes 10 et 17 ans, le pauvre homme, était sous l’emprise de sa «programmation biologique». Le mien, il était politicien fédéral.
 
À titre de survivante, j’ai beau ne pas être militaire, mais je vis en plus, avec un ancien combattant blessé par un SSPT. J’ai de la misère à ressentir de la paix intérieure quand je pense à l’ampleur de ce qu’il a défendu. Mais encore une fois, un Général a appris, mieux que personne, que la guerre est la priorité. Dans la guerre, aucune empathie.
 
Le dommage collatéral «fait partie de la job». C’est laid voir un enfant sauter sur une bombe. Mais qu’est-ce que tu veux? Ça fait partie de la job. Next.
 
Ça vient avec le «military wiring», la programmation militaire, mon Général. Pas avec la programmation biologique. La programmation biologique avec le SSPT, rend la chose intéressante, non?
 
Mais encore, je sais que je ne sais pas de quoi je parle.
 
N’en demeure pas moins que si je voyais actuellement le Général, je pense que je lui expliquerais ce que c’est, le feeling de savoir que quelqu’un s’en vient te voir… l’hyper vigilance… le dégoût qui te remonte dans le fond de la gorge… avoir l’impression que son esprit sort de son corps pour ne pas ressentir des mains, un toucher, la douleur de l’envahissement… quand tu veux pas… devenir zombie pour faire ce qui doit être fait pour que ça finisse au plus crisse… brailler dans la douche à essayer d’oublier. À te libérer assez pour trouver la force de te mettre un masque dans la face pour faire accroire que tout va bien, pour cacher ta peur de parler, pour trouver la force de croiser son regard. De cacher ta peur quand il te regarde.
 
Mon surnom, dans ma maison, était «P’tite Putain». Mais ça, il n’y a que lui, ma mère et moi qui le savions. Probablement l’équivalent de «Faux-Fil» dans toute la faiblesse et le dégoût que ça peut représenter.
 
La peur de parler. De vivre avec le silence. Le dégoût. Le profond dégoût. La culpabilité. Le monde qui s’assombrit. Engraisser pour ne pas se faire désirer. Contrôler pour ne plus se faire contrôler. Quand le sexe achète la paix, la permission. Quand le sexe achète la protection des plus faibles. Quand le sexe achète ta liberté.
 
Et ne pas parler. Avoir peur. Souhaiter mourir, tordue parce qui se passe dans ta tête, surtout quand un autre homme t’approche, te touche. Les bons gars finissent par payer pour les dommages causés par un seul taouin… et tous ceux qui se ferment les yeux pour toute sorte de raison. Dont, notamment, «la peur des problèmes».
 
Ce n’est que ma p’tite vision purement civile de la chose, évidemment.
 
Mais bon. Je ne suis pas ici pour vous faire brailler sur mes affaires sauf qu’à titre de l’épouse d’un ancien combattant blessé par un SSPT – pour qui le «sexe» a une place particulière dans l’expression de sa colère -, j’aimerais expliquer au Général la fois où j’ai baisé le corps de mon mari tout en réalisant, pour la première fois, l’ampleur de son uniforme invisible et de la personnalité que j’appelle «Rambo».
 
C’était en août 2012. Il venait de marcher 35 km en 5 heures, dont 25 km dans les bois, dans le noir, en confondant son appareil-photo pour une arme et en étant convaincu que les fermiers allaient chercher à l’abattre. Les chiens de recherche, l’unité de sauvetage, un corps policier à pied avec des portes-voix, à vélo, 7 autos patrouilles l’ont cherché pendant 4 heures.
 
Il s’est rendu où il voulait se rendre. Pas de map, pas de portefeuille, pas de cellulaire, avec une colonne fêlée et 2 hernies lombaires. Il s’est déplacé de la façon dont les FAC lui ont appris à le faire. Et quand il a attendu avec 2 policiers que j’arrive, personne n’a réalisé à qui ils faisaient affaire.
 
A distance, son non-verbal était… différent. Ce que je voyais n’avait aucun sens. Il se tenait debout, avec un policier de chaque côté de lui. Il faisait son «check» de droite à gauche, en jasant calmement mais en ne faisait jamais de contact visuel avec eux: il regardait au-dessus de leur tête, droit, comme il m’était impensable de le voir.
 
«Salut» qu’il m’a dit en me tapotant poliment le dos, quand je me suis élancée dans ses bras en lui disant: «Toé, j’suis contente en crisse de te voir!».
 
Pour les policiers qui ont passé une bonne heure avec lui, alors qu’il leur a raconté ce qui s’est passé, n’ont jamais rien remarqué du militaire en parfaite possession de ses moyens, calme, convaincant, bien droit physiquement. Il avait 50 ans et il savait qu’il était suivi en psychiatrie et psychologie, qu’il était médicamenté, et je venais de leur dire qu’il passait 20 heures par jour au lit, dépressif. Que j’avais réussi à le convaincre à se joindre à moi.
 
Nope. Tout était ben beau. En réalité, il était complètement déconnecté… dissocié dans le tapis…
Et je suis la seule qui peut vous en parler parce que je suis la seule qui le connaît en dehors de son uniforme invisible qu’il porte tout le temps… sauf avec moi.
 
Il s’est enrôlé en 1978 et est ressorti en 1998.
 
Tout ça parce que je l’ai insulté en lui demandant d’arrêter de dire à mon fils qui pensait avoir le cancer de la gorge comme mon père qui se mourrait lui-même d’un cancer.
 
Je n’ai jamais été la femme d’un militaire. Mais ce soir-là, en désespoir de cause face à ce que je ne comprenais pas, j’ai utilisé mon corps pour ressentir de lui, quelque chose de vivant, de présent… une émotion. Parce qu’il était si dissocié… si militaire… si distant… si inatteignable.
 
Rien. J’ai baisé un gars qui profitait de l’occasion de se vider pour relaxer son corps meurtri dont il n’avait pas ressenti la douleur pendant son parcours, qui m’a regardé faire sans dire un mot, qui s’est laissé faire sans jamais réalisé que je venais de passer l’enfer sans savoir si on allait le retrouver vivant; ma panique face à l’individu qui était dans ma forteresse que je ne reconnaissais pas.
 
J’ai agis comme une Fille du Roy pour rejoindre l’homme derrière le militaire. Sans succès.
 
Le Général a mal saisi la notion de programmation biologique, je pense. C’est bien qu’il se soit excusé mais en même temps, il prend la claque pour tous ceux qui l’ont conseillé.
 
En tous cas.
 
J’aurai aimé parlé des victimes masculines d’abus sexuels dont on ne parle pas… de l’homosexualité sur le terrain.
 
Bravo à toutes celles – et ceux – qui osent briser le silence afin de mettre fin à l’inacceptable. Merci à tous eux qui réagissent, qui protègent, qui dénoncent. SSPT… Abus militaire… la souffrance mène à la même place. Sur un terrain de guerre similaire. Cette guerre, personne ne mérite de la vivre, militaire ou non.
 
 
 
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Source : 45e Nord
 
 

jeudi 1 janvier 2015

Les dix commandements de Dieu

        
                 
 
Tu adoreras Dieu seul et tu l'aimeras plus que tout.          

 
Tu ne prononceras le nom de Dieu qu'avec respect.          


  Tu sanctifieras le jour du Seigneur.          


  Tu honoreras ton père et ta mère.          


  Tu ne tueras pas.          


  Tu ne feras pas d'impureté.          


  Tu ne voleras pas.          


  Tu ne mentiras pas.          


  Tu n'auras pas de désir impur volontaire.      


  Tu ne désireras pas injustement le bien des autres.








     
        




Selon la Bible, les dix commandements ont été gravés sur la pierre par Dieu lui-même et donnés à Moïse sur le mont Horeb, au désert du Sinaï. Ils sont rapportés dans l’Ancien Testament. Ils sont répétés à plusieurs endroits, notamment dans le livre du Deutéronome ch.5 v.7 à 21 (traduction “Semeur”) :

1- Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi.

2- Tu ne te feras pas d’idole représentant quoi que ce soit de ce qui se trouve en haut dans le ciel, en bas sur la terre ou dans les eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras pas devant de telles idoles et tu ne leur rendras pas de culte, car moi, l’Eternel, je suis un Dieu qui ne tolère aucun rival : je punis les fils pour la faute de leur père jusqu’à la troisième et même la quatrième génération de ceux qui me haïssent, mais j’agis avec amour, jusqu’à la millième génération, envers ceux qui m’aiment et qui obéissent à mes commandements.

3- Tu n’utiliseras pas le nom de l’Eternel ton Dieu pour tromper, car l’Eternel ne laisse pas impuni celui qui utilise son nom pour tromper.

4- Observe le jour du sabbat et fais-en un jour consacré à l’Eternel, comme l’Eternel ton Dieu te l’a commandé. Tu travailleras pendant six jours et tu feras tout ce que tu as à faire. Mais le septième jour est le jour du repos consacré à l’Eternel ton Dieu ; tu ne feras aucun travail ce jour-là, ni ton ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bœuf, ni ton âne, ni tout ton bétail, ni l’étranger qui réside chez toi. Tu te souviendras que tu as été esclave en Egypte et que l’Eternel ton Dieu t’a demandé d’observer le jour du sabbat.

5- Honore ton père et ta mère, comme l’Eternel ton Dieu te l’a ordonné, afin de jouir d’une longue vie et de vivre heureux dans le pays que l’Eternel ton Dieu te donne.

6- Tu ne commettras pas de meurtre.

7- Tu ne commettras pas d’adultère.

8- Tu ne commettras pas de vol.

9- Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.

10-Tu ne porteras pas tes désirs sur la femme de ton prochain. Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain, ni son champ, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni rien de ce qui lui appartient.


Commentaire

Voici une paraphrase-explication de ces commandements, qui reprend le style des commandements (où Dieu s’adresse à l’homme à la première personne). Nous découvrons dans ces 10 paroles tout l’amour d’un Dieu qui veut vraiment notre bien. (Note : nous prenons les commandements dans le désordre, exprès):

3- Tromper l’autre n’est pas digne de quelqu’un qui se réclame de mon nom. La tromperie détruit la confiance
. Elle détruit la qualité des rapports humains. Ce que je souhaite pour toi, ce sont des relations d’amour, où la vulnérabilité est possible sans abus en retour. C’est alors que tu te sentiras aimé, apprécié pour qui tu es. C’est alors que tu seras heureux. Si tu uses de tromperie, tu t’éloignes du chemin de vie et tu t’engages sur la voie de la solitude intérieure.

4- Accordes-toi du repos
. Tu n’es pas sans limites. Accepte la finitude de ton état d’humain. Ne t’use pas inutilement. Tu as besoin de refaire tes forces car, contrairement à moi, tu te fatigues. Que ce temps de repos soit pour toi l’occasion de te souvenir que moi, Dieu, je suis celui qui ne sommeille pas, qui ne se fatigue pas. Tu peux te reposer sur moi, en moi. Lorsque tu dors, je veille. Ce repos te sera bénéfique. N’oublie pas que les autres humains, les animaux et même la terre sont eux aussi limités. N’abuse pas d’eux. Respecte-les et respecte toi-même. Agir ainsi suscitera l’harmonie et tu en seras plus heureux.

5- Si tu ne respectes pas ton père et ta mère, tu affaiblis les liens que toi et tes enfants ont avec eux
. Sais-tu qu’un enfant privé de liens avec ses grands-parents est, beaucoup plus que d’autres, candidat au suicide ? Tu as besoin de pouvoir t’inscrire dans une lignée. Cela contribue à la santé mentale (à la tienne, à celle de tes enfants). Si tu ne respectes pas ton père et ta mère, tu entraves l’inscription de tes enfants dans leur généalogie. Tu mets sur eux une charge qu’ils n’ont pas à porter. Il se peut que ton père ou ta mère aient de grands torts envers toi. Je ne te demande pas de masquer cela à quiconque ; je ne te demande pas de dire que ce n’est pas grave car ça l’est. Tu n’as pas à être d’accord avec eux, à cautionner leurs agissements. Mais les respecter, c’est reconnaître que l’être humain garde de la valeur malgré les mauvais choix qu’il fait. Ne souhaiterais-tu pas que tes propres enfants aient ce regard sur toi lorsqu’ils se souviendront des blessures, inévitables, qu’ils auront vécues dans leur relation avec toi ?

6- Ne commets pas de meurtre parce que la vie ne t’appartient pas, ni la tienne, ni celle d’autrui
. Et toute vie a de la valeur. Ce n’est pas à toi d’en disposer. Ne charge pas ta conscience. Certaines situations peuvent provoquer de la haine en toi. Ne te laisse pas dominer par tes émotions, même si elles sont légitimes. Moi, Dieu, je te ferai justice. Je serai bien plus équitable que toi parce que je connais chaque recoin du cœur de chaque humain.

7- Prendre pour toi la compagne (ou le compagnon) d’un autre, c’est violer son intimité. Ne sais-tu pas que ceux qui s’unissent sexuellement ne font plus qu’un ? Ne les sépare pas. Tu déchirerais quelque chose à l’intérieur d’eux-mêmes.

9- Sais-tu que lorsque tu mens au sujet de l’autre, tu portes atteinte à son intégrité ? Tu violes le sens inné de la justice que j’ai placé en lui, en toi, en chacun. Tu suscites en l’autre une colère légitime, tu fausses les relations qu’il a, tu le mets dans l’isolement. Voudrais-tu que quelqu’un te fasse pareillement ?

10- Lorsque tu cèdes à la convoitise, tu te pièges toi-même ; tu penses que tu seras plus heureux si tu possèdes ce que l’autre a. Or la clé du bonheur, c’est de savoir accepter le manque ; il fait partie de la condition humaine. Non seulement tu ne peux pas être tout – tu n’es pas tout-puissant – mais tu ne peux pas non plus tout avoir. Et c’est justement le manque qui te permet de désirer, de rêver, d’initier. Alors engage-toi dans la vie… dans le respect de la propriété d’autrui, et tu en seras heureux.

1 et 2- Vois-tu, c’est pour toutes ces raisons que je te dis de ne pas avoir d’autre dieu que moi. Pour satisfaire ta soif spirituelle, tu pourrais te faire une religion « à ta sauce », mettre une créature à la place du Créateur. Si tu faisais cela, tu fonderais ta vie sur quelque chose fabriqué par toi-même, qui ne te dépasserait pas. Cela ne te serait d’aucun secours et t’amènerait à t’égarer toi-même. Si tu ne me reconnais pas pour Dieu, tu seras ton propre dieu. Tu seras alors livré à ta propre subjectivité, sans ancrage plus profond que tes propres perceptions. Alors tu seras livré à tes seuls sentiments pour différencier ce qui est bon de ce qui ne l’est pas. Et comment le feras-tu, toi qui n’as qu’une vue très partielle du monde, toi qui ignores ce qui se joue dans le cœur de l’autre et qui n’est même pas lucide sur ton propre cœur ? Ne t’est-il pas arrivé d’aimer un instant et de haïr au moment suivant ? Tu es si changeant ! Pourquoi s’en étonner ? Tu n’es pas Dieu, tu es humain. C’est bon que tu le sois ; mais reste à cette place : elle est faite pour toi. Tu n’es pas le centre, l’absolu. Ne l’oublie pas. Fie-toi à plus grand que toi, à moi qui suis réellement Dieu.

Tes choix ont des conséquences sur ta descendance parce que j’ai établi des lois qui régissent la psychologie humaine. Il ne s’agit pas là d’une menace ; je t’ai créé libre, donc responsable de tes actes ; il me semble important que tu aies une idée des issues où tel ou tel choix te mène ; alors, tu pourras réellement décider. Si tu te places en seul arbitre de tes choix, ce que tu construiras pour ta descendance, c’est un monde livré à la subjectivité de chacun. L’un pensera que telle idée est bonne, l’autre pensera l’inverse. Comment tes enfants se construiront-ils dans une telle confusion ? Tu les auras installés dans des sables mouvants et ils s’y enliseront. Moi, Dieu, je suis un Roc que tu peux leur laisser en héritage. Alors voilà, je te laisse ta liberté. Sache simplement que mon souhait pour toi, c’est la vie ! C’est pourquoi je t’ai donné ces conseils.




Source: www.atoi2voir.com











mercredi 10 septembre 2014

Salut, Nat



Rouyn. Le 8 mai 1992.
Mercredi, y fait beau dewors!

Salut Nathalie,

     Je voulais t'dire, tu m'as triché trois fois dans un an, si tu recommençais une autre fois, je sais pas ce que je ferais mais je sais que ça m'aiderait pas certain. Je suis sorti avec toé un an pis les cinq premiers mois, ça été super correct. Je t'aimais câlice... Au bout de sept, huit mois, je commencais déjà à penser  que j'arrêterais de boire, de fumer pis d'faire le fou.
     Sauf que c'était un rêve parce que ton amour était pas sincère... Je veux pis je veux pu. C'est ça qui se passe. J'ai le feeling que tu m'manipule. Être sûr que tu recommencerais pas, j'irais à cent mille à l'heure... Mais si j'y vas, c't'un risque. 
     C't'un risque qui peut me coûter cher. Je sais pas si tu com­prends. Moé, j'me comprends. J'pourrais faire un malheur comme par exemple, fucké la vie de quequ'un pis m'fucké la mienne, ma vie, après. En tous les cas, moé, j'pense que si je retourne à Montréal, je suis cocu. C'pour ça que je viens de décider que j'y retourne pas.

Salut




(Lettre écrite pour un ami, avec ses mots.)